The United Patriotic Squadrons of Blessed Diana
Palu pas pris à ElBulli
En Bretagne
info@didierolivre.fr
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Brest.-Au-festival-Da%C3%B1sFabrik-le-detonnant-Prix-Kadhafi-_40779-2050868------29019-aud_actu.Htm
Le Prix Kadhafi (2012)

Le vent de l'Histoire a depuis tourné: fini les thés avec Mireille Matthieu et Vladimir Poutine, fini l'Hôtel Marigny et l'Elysée, fini les contrats, les amazones et le lait de chamelle. Fuyant un peuple révolté au volant d'une 4X4 invisible aussi rayonnante qu'un four micro-ondes, le Dictateur Colonel fut rattrapé par un avion de l'Otan qui passait par là, puis il fut tué et exposé, un peu à la manière de Che Guevara, et on l'enterra secrètement dans le désert. Le Prix Kadhafi revient, comme un éblouissant flash-back, sur les relations franco-libyennes et la diplomatie françafricaine, le Discours de Dakar et le Livre Vert, oscillant entre le bal costumé du Safari Club de Kakaméga et une réunion du corps diplomatique français, entre champagne et manioc, géopolitique et show-business.
Au Quartz (Brest) le 2 mars 2012
Avec: Marlène Saldana, Jonathan Drillet, Robin Causse
Maquillages: Pascale Kouba et Roch Bambou
Diffusion: Guillaume Bordier (guillaumebordier@yahoo.fr)
Giselle et les crocodiles : la jeune création au Festival (tjcc) à Gennevilliers
Par Magali Lesauvage, fluctuat.net
Après une longue digression, peu compréhensible et sans invention aucune, du collectif Und er Libet sur le ballet Giselle (The Lightness and Death of Giselle), ce fut au tour d'Yves-Noël Genod, grande silhouette scintillante à la Barbara, d'occuper le grand plateau de Gennevilliers pour donner au spectateur ce qu'il attend généralement de lui : une improvisation mêlant grâce et ironie, une nonchalance rieuse et poétique qui conquiert l'empathie du public dès que le metteur en scène et comédien pose le pied (toujours en légère suspension, comme un funambule) sur scène.
Interlude léger comme un confetti, qui menait idéalement à la pièce DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée, du duo de comédiens The United Patriotic Squadrons of Blessed Diana (Jonathan Drillet et Marlène Saldana). Après l'intervention d'un groupe de crocodiles dansant, au son de la voix de Dick Rivers, sur un court de tennis en terre battue, un couple improbable, paire de touristes courant le corps nu et peint de motifs égyptiens, se met à déblatérer des horreurs racistes, malmenant un enfant noir. Le discours enchaîne sur des citations nauséabondes d'hommes politiques français, se vautrant (comme Marlène Saldana à la toute fin du spectacle) dans une certaine obscénité. « Récit d'une histoire où la fascination réciproque côtoie la haine, et où le compromis et les compromissions, sur fond de pétrole et de dollars, constituent une tentation permanente », la dernière pièce présentée au (tjcc) fait jeu, set et match.
Dormir sommeil profond, l’aube d’une Odyssée
Par Céline Piettre, paris-art.com
Parfois le pire côtoie et le meilleur, comme pour la soirée de clôture du festival des TJCC, où The Lightness and Death of Giselle du collectif Und er Libet, variation naïve et interminable sur le ballet Giselle, révélait par contraste l'excellent Dormir sommeil profond de Jonathan Drillet et Marlène Saldana. Une pièce comme un remontant, qui pourrait nous rendre accros au théâtre !
The UPSBD ? On les avait découverts au Centre Pompidou pour Le Prix Kadhafi (Episodes 1 et 2), le corps peinturlurés de zébrures et l'insolence facile, éclaboussant de cynisme le public hilare sur fond de géopolitique et de crise du pétrole. On les a retrouvés en 2010 au Théâtre de Ville, à l'occasion du Concours Danse élargie, pour une brève séquence d'inspiration wagnérienne où des Walkyries dénudées domptaient une troupe de crocodiles. Les voila aujourd'hui réunis au Théâtre de Gennevilliers pour leur dernière création. Plus en forme que jamais, ils transforment l'immense gymnase en un court de tennis-cathédrale, terre battue au sol et encensoir balayant les airs en une solennité de pacotille.
Associant sport et religion dans un même sanctuaire, Jonathan Drillet et Marlène Saldana, alias The United Patriotic Squadrons of Blessed Diana, annoncent d'emblée leur inappétence à l'orthodoxie et aux communions collectives. Avec DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée, ils nous servent sur un plateau fumant une fiction politiquement incorrecte, délirante, rageuse, qui convoque aussi bien la musique de Dick Rivers que l'actualité brûlante des sans-papiers. Le tout accompagné d'un sens brillant de la mise en scène, exactement proportionnelle à l'échelle du lieu, et qui donne à la pièce le souffle de l'épopée et l'extravagance des cabarets surréalistes.
S'il y a amorce de récit — deux touristes visitent les pyramides en compagnie d'un enfant noir qu'ils éduquent à la dure loi des flux migratoires à coup de : « On ne peut pas accueillir tout le monde Giscard ! » —, elle se désagrège rapidement sous l'effet d'une dramaturgie à trou, continuellement sapée par le dessous. Jouant des lapsus et du double discours, si brillamment maîtrisé par le corps dirigeant, Jonathan Drillet et Marlène Saldana révèlent, à la façon d'un miroir déformant, les traits les plus grossiers de l'anatomie sociale et politique. Chez eux, le tourisme est un sport colonial, les crocodiles-prolétaires une masse servile ou menaçante, l'Assemblée nationale un sauna où l'on s'échauffe entre soi et la sacro-sainte terre battue une boue de suffisance dans laquelle on vautre (cf. Marlène Saldana à la fin de la pièce).
Ni utopistes ni dystopistes, cultivant à merveille un certain dilettantisme, les UPSBD transposent sur scène le genre littéraire et obsolète de l'odyssée, sa liberté stylistique, ses passages chantés, ses anachronismes, ses monstres. Ici la mythologie sert la politique. C'est elle qui porte le discours et le spectacle y gagne en légèreté, préservé du moralisme de l'artiste militant, sans perdre pourtant de son acidité. A l'heure où Rolland Garros attire tous les regards, Dormir sommeil profond nous ramène à la réalité à la manière d'une douche froide, cinglante mais jouissive et diablement revigorante.
En concert près de chez vous: DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée
Après UN ALLIGATOR DEUX ALLIGATORS OHE OHE (Danse Elargie 2010)
Les Upsbd retrouvent les Africains, les Arabes, Dick Rivers, Nefertiti, Hathor, les crocodiles et les Francs Maçons, Hercolubus et Maître Rabolù, le Veau d'Or et la géopolitique internationale dans
Déjà, mourir c'est pas facile (radiophonique pour le Festival Belluard - Fribourg 2010)
Réalisation: Upsbd, Sasha Ruffieux, Florian Pittet (Studio La Fonderie, Fribourg)
CE N'EST PAS UN REVE, MAMADOU!
Les 6 et 7 novembre, à l’instar d’Hegel, Victor Hugo, Henri Guaino, et Nicolas Sarkozy, nous nous interrogerons sur l’Afrique : l'Art moderne lui doit-elle tout, faut-il l’aider à entrer davantage dans l'Histoire, l'Africain est il un enfant, un paysan ou un poète? Nous organiserons une fête costumée, une soirée échangiste dans une ambassade congolaise, une soirée à thème à Neuilly sur Seine ou bien une soirée d’adieux au Safari Club de Kakaméga, lorsque le champagne coule à flot et qu'on danse sur Saga Africa en grignotant un peu de manioc. Nous discuterons avec Nadine Morano, Omar Bongo, Mouammar Kadhafi, Liliane Bettencourt, Jean Bedel Bokassa ou Jean François Copé. Nous en apprendrons davantage sur le moment où, enfin, l'enfant de Joal, à genoux dans le silence de la nuit africaine, pourra lever la tête. Après avoir évoqué diverses affaires franco-africaines, allant de la vente de porte-avions à la suggestion d'autosuffisance alimentaire pour la prochaine Eurafrique, nous trinquerons aux crocodiles, avant de nous réunir, pour discuter d'un ordre international équilibré. Nous réfléchirons au fait que la Suisse a traversé ce siècle dernier sans guerre, et nous danserons, que ce soit sur des rythmes africains, avec la Obama Dance de DjKadhafi, ou sur des symphonies du bonheur, avec les chorégraphies de Patrick Swayze et Lisa Niemi.
«Ce n’est certes pas la chronologie qui compte, mais le sens, qui si souvent n’est pas dans l’ordre» P.P. Pasolini
Grâce à l’étude de nombreux textes et documents (journaux, magazines, interviews, enregistrements télévisés et radiophoniques, rapports de débats de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de l’Elysée, biographies et autobiographies…), c’est donc une étourdissante plongée au coeur de l'Histoire, où palpitent pouvoir, violence, et amour, que nous vous proposons. Une épopée furieuse et démentielle mêlant philosophies politiques orientale et occidentale, oscillant entre réalisme et mysticisme, parlant aussi bien de l'Afrique que de la France, du Brésil que de la Libye, de la Suisse ou des Etats Unis.
Au Studio-Théâtre de Vitry, les samedi 6 et dimanche 7 novembre.
Plus d'informations sur www.studiotheatre.fr
Feuilleton
Les Upsbd ont joué leur Combat de Reines, Finale Cantonale, à la Ménagerie de Verre. Puis ils ont joué Déjà, mourir c'est pas facile à Fribourg, en Suisse.
Entre temps ils sont rentrés à Paris perdre le concours de la danse élargie.
Pourtant ils l'avaient élargie avec:
Un alligator deux alligators ohé ohé
Angèle Micaux (l'égyptienne), Jonathan Drillet (le veau d'or), Marlène Saldana (Hathor), Dick Rivers (Dick Rivers, le roi Lear, Bernard Tapie, Julio Iglésias), Gianfranco Poddighe (un alligator), Christian Ubl (deux alligators), Eleonore Guipouy (trois alligators), Audrey Aubert (quatre alligators), Denis Robert (cinq alligators), Guillaume Marie (six alligators), Jean Philippe Valour (le franc maçon), Guillaume Soulan (guitare), Dominique Pinto (violoncelle), Jérôme Derathé (vidéo), Edith Fambuena (son)
Spectacle visible prochainement!
FRIBOURG FESTIVAL BELLUARD 2010
Déjà, mourir c'est pas facile
Jeudi 1ier Juillet 20h
Vendredi 2 Juillet 20h
Samedi 3 Juillet 20h
http://www.belluard.ch/node/402
Bientôt dans un théâtre près de chez vous
(drame érotique)
La politique et le pénis,
ou comment régler des conflits internationaux par le phallus.
"Une mise en scène sans complexe!"
Armelle Héliot
"Une réelle dramaturgie de la sexualité servie par des acteurs qui ne connaissent aucun tabou"
Rosita Boisseau
"La politique et le théâtre, c'est de la bite et de la chatte: les Upsbd l'ont bien compris et nous font partager leurs découvertes avec un enthousiasme contagieux"
Fabienne Pascaud
"Marlène Saldana campe un Kadhafi plus chaud que les sables du grand désert, un vrai Jeff Stryker de Tripoli, Jonathan Drillet propose un Sarkozy priapique digne des meilleures scènes de la série des Wesh Cousin, et l'apparition de Jean Paul Muel en Colonel Guglicht de l'arrière salle du Dépôt est tout simplement délicieuse"
René Solis
Le scénario de la pièce est très simple, presque conceptuel: le colonel lybien et le président français se rencontrent au sauna du G8.
Une contrainte physique est imposée : les acteurs sont tous plugés. Au-delà de la fantaisie, le plug est la matérialisation de la retenue diplomatique qui échoit à tout personnage public.
Le spectateur dispose d'une télécommande lui permettant de voter pour, au choix, la sodomie Kadhafi-Sarkozy ou la sodomie Sarkozy-Kadhafi, ce qui revient à orienter le spectacle vers un possible retournement de la politique internationale et des rapports Nord Sud.
La télécommande permet également de dé-pluger ou re-pluger les acteurs, ce qui induit donc directement une modification du jeu de l'acteur en question, offrant ainsi au spectateur le loisir d'avoir un impact sur la performance.
Enfin, un écran omniprésent livre sans tabou, tout au long de la pièce, le détail de cette initiation à la géométrie sexuelle dont vous devenez les spectateurs voyeuristes, et parfois actifs. La retransmission digitale en direct reflète l’ introspection des fantômes d’un imaginaire collectif auquel chacun est sensé s’identifier à grands renforts de râles et de grimaces extatiques.
Une pièce bien bandante à voir le plus vite possible.
Déjà, mourir c'est pas facile
Fribourg (Suisse)
Belluard Bollwerk Festival
Le dionysiaque littéral: carte blanche d'Yves Noël Genod pour Standard Magazine
Roland Barthes dit dans Brecht et le discours que pour attaquer un discours réac, il faut « le discontinuer : mettre en morceaux ». Les UPSBD, c’est ce qu’ils font, pile poil, à l’allemande, voyez, Roland Barthes les aurait vus en vrai qu’il aurait dit pareil ! En fait, pour eux, tout est déjà réac, y compris même la performance qu’ils sont en train de diriger devant vous. Alors ils attaquent : ils discontinuent. Par exemple, en disant : « Tu as dit que cette blague, tu ne la ferais pas… » Ah, c’est quand même merveilleux qu’il existe des penseurs (comme Roland Barthes) parce que, sinon, on ferait tous tout ça sans même nous en rendre compte comme Monsieur Jourdain lancé sans vergogne dans la prose !
Les UPSBD ne viennent pas de nulle part, bien sûr. En aînés, il y a bien sûr Marco Berrettini, c’est le maître, mais aussi bien, comme je disais, toute l’Allemagne, toute l’Angleterre (les Monty, par exemple), toute l’Amérique – pourquoi se priver – et Thierry Le Luron !
Roland Barthes dit aussi qu’il est plus intéressant de s'approcher amoureusement du discours réactionnaire, c’est à dire avec plaisir, plutôt que de « s'en distancier en raison d’une analyse froidement intellectuelle ». Mon Dieu comme c’est bien quand des gens pensent à votre place ! C’est exactement ce que, moi, j’aurais dit si j’avais voulu parler des UPSBD : ils sont amoureux de leur sujet, c’est leur secret, je crois, ils sont – que voulez-vous – pas dégoûtés ! Ils ont une certaine « passion du matériel ». Leur matériel, c’est le monde, et aimer le monde, c’est ce qui fait qu’ils sont grands. C’est ce qui fait leurs performances si animales, si sensuelles, si excessives aussi, hors normes, mais, je dirais, dans les étroites limites du plaisir, toujours, c’est à dire du bon goût ! Pas d’hypocrisie. Mais de la morale. Grisélidis Réal. Vous imaginez : à Beaubourg, pour pratiquer leur potlatch, ils n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de se déshabiller, bien sûr, mais de se faire peindre intégralement par des body painters, l’un en tigre, l’autre en zèbre (ils voulaient évoquer l’Afrique) dans un style un peu Douanier Rousseau. C’était somptueux. Oui, une femme nue, blanche, opulente et peinte en tigre avec idéalement un portrait de dictateur sur chaque sein ! Et un jeune zèbre improbable et zébulon, probablement homosexuel. Jusqu’à ce qu’ils se battent et que le tigre et le zèbre déteignent l’un sur l’autre. D’ailleurs toute la performance était de cet acabit : d’une finesse de dentelle de Burano et d’une grossièreté tout autant, tellement gros que ça en devient fin et vice-versa. C’est aussi que leurs spectacles-performances sont certes des fictions très élaborées, une énorme dramaturgie enchantée, mais qu’ils les vivent à plein, comme la réalité. Disons qu’ils profitent de jouer pour faire la fête. C’est « dionysiaque », si on veut… et si les jeunes d’aujourd’hui savent à peu près à quoi ce mot un peu périphérique peut bien se référer… J’en doute. Mais enfin les UPSBD ne sont pas tellement vieux non plus, je dois dire, mais leur maturité sidère. Ils n’existent pas, on dirait, sauf partout. L’époque actuelle, ils en rient puisqu’ils sont de toutes les époques et, grâce à ce don, vous allez voir, ils vont probablement tout casser dans les prochains mois ! Ils sont surréalistes. Roland Barthes disait aussi, une fois : « Que c’est beau, que c’est intelligent, que c’est démodé… » C’était, je crois, à propos de La Chevauchée sur le lac de Constance de Peter Handke qu’avait montée Claude Régy en 1974.
D’ailleurs il n’y a que deux types de spectacles que je ne louperai pour rien au monde et qui me donnent envie de traverser l’Atlantique aller-retour : les spectacles d’Antonija Livingston et les UPSBD. Ça n’a d’ailleurs rien à voir.
Citons parmi tous ceux qui travaillent avec eux, frêle et fastueuse équipe – et à part les body painters déjà évoqués : Bambou Roch et Pascale Kouba – citons my favorite actor of du moment : Robin Causse, l’extrêmement prometteur Robin Causse. (Prometteur, je dis, puisqu’il a vingt ans, mais il est parfait.) Je l’ai moi aussi engagé. Les deux responsables des UPSBD, est-ce qu’on cite leur nom ? Il s’agit de Marlène Saldana et de Jonathan Drillet. Et voici quelques-uns des épisodes auxquels je me réfère, réunis sous le titre générique : Le Prix Kadhafi. Episode 1: A Chinese Man In the Trenches of Verdun Winning the Kadhafi Prize (Park Avenue Armory, New York, 2009). Episode 2 : L'Art moderne doit presque tout à l'Afrique (Centre Pompidou, Nouveau Festival, 2009). Episode 3 : Boum la Suisse : au bout de la passion, l'équilibre (Théâtre de Vanves, Festival Ardanthé, 2010). Ensuite, et quand vous lirez ces lignes, chers amis de « Standart », nos UPSBD amis seront, eux, je crois, en résidence (surveillée) à Fribourg, en Suisse, en vue du Festival Belluard Bollwerk 2010 ou bien pour libérer Polanski.
Yves-Noël Genod (in Standard, Avril 2010)
Vanves, 25 mars 2010
photo: michael hart, hartharthart.com


































