Now available online: Fuyons sous la spirale de l'escalier profond

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Modes et Travaux d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, par Elen Riot

Au moment où sort en salle un film de facture très classique, dans cette esthétique du réalisme hollywoodien dont Stanley Cavell soulignait la perfection formelle et le conformisme, Fuyons sous la spirale de l’escalier profond ose prendre le contre-pied du portrait en pied du génie tourmenté et de son Pygmalion.
La pièce s’ouvre dans la fameuse résidence des deux hommes à Marrakech. Tirant parti de l’étrangeté de la salle de la Ménagerie de Verre, profonde, basse de plafond et située en contrebas des spectateurs, la scénographie nous découvre un intérieur chargé de symboles. Littéralement penchés sur ce petit monde, les spectateurs découvrent un salon orné d'oeuvres d’art, une chambre à coucher où circulent les deux amants, ainsi qu’un certain nombre de figures, réelles ou imaginaires, de leur entourage. Tour à tour, la lumière réalise et déréalise les apparitions des personnages, découpant un espace de confrontation.
Se succèdent alors une série de scènes qui mettent en lumière plusieurs aspects importants de la vie d’Yves Saint-Laurent et de Pierre Bergé. Parce que l’énergie et le brio de cette jeune troupe pourraient faire oublier la précision des choix dramaturgiques pour aborder leur sujet, je vais me concentrer sur le caractère documentaire de la pièce. Dans les quelques lignes qui vont suivre, je soulignerai la pertinence de certains choix de mise en scène au regard des enjeux politique du monde de l’art, de la mode et du luxe. Il me semble trouver, dans ce travail de mimesis, une présentation juste des enjeux liés aujourd’hui à la mode, objet et image, cadre de la société de consommation. Après Platon et Plaute, voici revenus le banquet et ses convives, les arbitres des élégances.

Les bons mots

Les propos des personnages au fil des échanges prêtent souvent à rire, on y trouve beaucoup d’ironie, un portrait en creux du monde de la couture, avec ses créateurs et ses grands clients qui en sortent démythifiés. Il est intéressant de savoir que la plupart des échanges sont reconstitués à partir des mémoires de Pierre Bergé, de biographies et de documents d’archives audiovisuelles. Ainsi, l’exactitude des propos des personnages permet-elle de mieux connaître le mode de vie d’Yves Saint-Laurent et de Pierre Bergé au cœur d’un petit monde, celui de la haute couture et de ses clients.
Ce qui frappe dans ces échanges, c’est l’emphase et les débordements de la sensibilité. Ce qui est bien illustré par le jeu stylisé des deux acteurs principaux, Marlène Saldana et Jonathan Drillet, c’est la tension permanente dans laquelle vivent ces êtres passionnés. La pièce fonctionne ainsi par un effet d’alternance entre la plainte d’un couturier confronté aux affres de la création et les bons mots ironiques échangés tels des flèches au sein d’un petit cercle d’intimes. Plus le contrôle extérieur de l’expression est grand, car l’intime est la matière dont se nourrit la profession, et plus la vie intérieure de Saint-Laurent ressemble à un gouffre torrentiel. La succession des deux types de scènes souligne, pour le spectateur, l’enfermement d’une vie consacrée au travail de création sous le regard d’un public choisi qui ne lui passe rien. Ces échanges sont ensuite relayés par les médias et placés sous l’œil du grand public. Même si l’on est loin, sur scène, de l’œil de la caméra, l’on peut mesurer son rôle qui en dévoilant le métier lui fait perdre de son sens et de sa substance. Aussi, dans l’entre soi des créateurs, les bons mots, les pointes, forment-ils une sorte de résistance par le style, tout en les enfermant dans les secrets professionnels et intimes partagés. L’enfer de la création, on le voit, c’est ce jugement de valeur permanent, et l’isolement de chacun des créateurs face à l’urgence du moment. Et pourtant, Saint-Laurent travaille encore, travaille toujours, et on le voit à l’œuvre dans plusieurs scènes.
Ainsi le solo de danse au début du spectacle, Le jeune homme et la mort, empruntée à un ballet de Roland Petit avec Rudolf Noureev, évoque-t-il précisément le travail de Saint-Laurent, par ailleurs lié personnellement au danseur. L’un comme l’autre se livrent à un travail acharné pour composer une image fugace, toute à la grâce de l’évidence, comme Roland Barthes le soulignait à propos de la mode. A la fois superficielle et profonde, elle est faite de l’art du temps, aussitôt admirée, aussitôt oubliée, et tout y est toujours à recommencer.

Vie publique-vie privée: d’amour et d’argent

Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent ont tout partagé, et le spectacle montre comment leurs efforts conjugués ont constitué un empire mondial de la mode, fondé sur une marque qui n’a cessé de gagner en visibilité au fil du temps. Tout en restant au cœur d’un salon de couture où venaient les femmes, leurs muses et leurs clientes, l’esprit Yves Saint-Laurent s’est d’abord propagé au gré des contrats de licence pour les parfums et la cosmétique. Ainsi, Opium est-il l’un des parfums les plus vendus au monde. Ensuite, lors de la constitution des empires de la mode, dans les années 90, Yves Saint-Laurent est-il devenu l’un des fleurons du portefeuille de l’une de ces multinationales, adeptes de l’externalisation et de la vente d’accessoires. Ainsi, quelques grands groupes se partagent-ils plus de 60 % d’un marché de quelques 150 milliards d’euros, celui du luxe. Le luxe s’est, en quelque sorte, démocratisé, en cela, il s’est affranchi des notions de style et de goût. Il est fait de nombreuses allusions à cette tendance dans les conversations, notamment à propos de Tom Ford et de Karl Lagerfeld. Cela fait à la fois la richesse et le désespoir de Saint-Laurent.
C’est avec précision que la pièce aborde cette transformation du monde de l’image de soi. Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé sont au cœur de ce moment et le vivent d’ailleurs comme une crise dont ils profitent et se désolent à la fois. Leurs déchirements n’ont rien d’anodin, ils sont même révélateurs des effets du tournant managérial sur les mondes créations, et en particulier la haute couture. Il y a beaucoup à dire sur ce contrôle de l’image par les industries du luxe et leurs empires qui dictent désormais son apparence à la bonne société globale, par les lois des séries et de la copie. Des ateliers de Chanel rue Cambon aux ateliers du Bangladesh où les ouvrières sont payées 28 euros par mois, le souci de l’apparence mobilise un énorme atelier de production mondial gouverné par l’urgence. Autant les corps des mannequins et des « designers » sont exposés sous toutes leurs coutures, autant les chaînons complexes de la sous-traitance rendent invisibles et souterrains les corps de ceux qui fabriquent ces vêtements.
Même si Dior, au moment du New Look et sous l’impulsion de l’industriel Marcel Boussac, n’avait pas hésité à combiner haute-couture et prêt-à-porter, ce qui est frappant aujourd’hui, c’est l’omniprésence des modèles « haute couture » sur les podiums et dans les musées afin de renforce l’image, la culture et l’identité des marques (ainsi LVMH dépenserait 1 milliard par an en publicité, soit 10 % de ses bénéfices) et l’absence totale de robes uniques et précieuses dans les boutiques où l’on ne trouve que les mêmes séries d’accessoires fabriqués en série et vendus dix fois leur coût de revient. La marque et son aura créent une forme de nouveau culte qui fait disparaître la matérialité de l’origine et le processus de production des objets. Le théâtre, qui met en scène les tourments d’un créateur dans son milieu, redonne justement une réalité physique à ce bouleversement. Ce temps particulier de la pièce sonne ainsi comme le glas de la haute couture parisienne dont Yves Saint-Laurent, créateur aux abois, figurerait l’esprit tourmenté et finissant.
C’est peut-être en se réfugiant dans l’art et la passion de la collection que le duo Saint-Laurent-Bergé trouve son échappée belle hors de l’univers désormais confiné de la mode et du prêt-à-porter. Au fil du temps, l’on voit que pour eux l’art cesse d’être essentiellement une inspiration pour devenir une fin en soi.


La collection d’art et le décor

Cet empire de la mode érigé dès les années 70 a essentiellement permis au duo Saint Laurent-Bergé de réaliser son rêve: se constituer une collection d’œuvres d’art, comme autant de trophées arrachés à l’histoire de l’art par deux amoureux passionnés. Uniques et inaltérables, peut-être figurent-ils le prix du pacte de la haute couture avec le capitalisme financier. Ces trophées sont encore aujourd’hui le signe d’un héritage, et ne circulent de manière ostentatoire, que lors de ces moments historiques qu’Arjun Appadurai, auteur de La vie sociale des objets, a définis comme les « tournois de valeur » où se définit l’équilibre des puissants dans l’antichambre de l’histoire.
Les tableaux qui entourent la scène sont des copies faites par des amis de la troupe à leur demande. Ce travail collaboratif fait partie du projet scénographique, et constitue une forme de réappropriation collective et quotidienne de cet univers sacralisé. Parmi les copies, se trouvent des pièces parmi les plus célèbres de la « vente du siècle » chez Christie’s qui a dépassé les 350 millions d’euros. Certains de ces tableaux appartenaient à l’histoire de l’art au XXème siècle, tels ceux de commanditaires et mécènes comme Marie-Laure de Noailles. Ils ont inspiré, dans les années 60 en particulier, les robes-tableaux d’Yves Saint-Laurent dans l’esprit du Pop Art. Ainsi, parmi les Matisse, Duchamp et Mondrian, le Mondrian ayant inspiré la robe Yves Saint-Laurent de 1965 a-t-il atteint la somme de 21 millions d’euros. C’est le signe que la seule appartenance à l’univers « Saint-Laurent-Bergé » peut douer une œuvre d’une aura, faire d’elle une source d’inspiration intemporelle. Ces échanges entre créateurs ont consacré la couture aux yeux du grand public comme l’un des beaux arts. Ainsi, lorsque 15 ans plus tard, dans les années 80, Jack Lang rend hommage à Yves Saint-Laurent et à Pierre Bergé en élargissant le périmètre du ministère de la culture afin d’y célébrer les créateurs de mode, ce geste ne se comprend qu’en écho de cette histoire-là. Pourtant, le « moment Saint-Laurent » est plus complexe que ne veut l’avouer la célébration unanime de ce créateur. Si la mode est par essence faite de l’air du temps, alors il faut montrer sur la scène du théâtre combien les autres éléments animent les corps et pèsent sur eux.

Masques, costumes et allégories

La force du théâtre de la troupe de Marlène Saldana et Jonathan Drillet, c’est de nous redonner prise sur cette histoire de la mode en lui rendant sa dimension matérielle, faisant pièce à l’idéalisation de l’image par la marque.
La superposition des temps se lit dans les corps et leurs costumes recomposant une mémoire collective de ces époques de la création.
Les masques (des prothèses en silicone inspirées des visages d’Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé) dessinent la trajectoire de vie des personnages. Le contraste entre la jeunesse des corps des comédiens, leur vivacité et leur force, et l’âge des deux hommes affichés sur leurs visages est une véritable trouvaille pour faire pièce à l’univers des magasines féminins sur papier glacé.
Les costumes eux aussi appartiennent à l’histoire et recomposent le mythe. Ainsi, la robe Empreinte (collection haute couture automne 1969, robe crée par Yves Saint-Laurent et les Lalanne, sculpteurs) et le costume de squelette pour le spectacle Les Chants de Maldoror au TNP en 1963 jouent-ils un rôle important dans la mise en scène : ils sont des témoins d’une époque et aussi, ils retrouvent toute une histoire de la mode et du costume : la robe de Déjanire et la danse macabre. Les chapeaux d’Alexandre de Paris complètent ce jeu entre univers de la création de couture et costumes de scène, faisant apparaître le déguisement comme un véritable personnage, au même titre que les tableaux. Ils dessinent la figure de ce couple de la même façon que les bons mots en perpétuaient l’esprit. Ils laissent voir, dessous, par le jeu des acteurs, les failles de la cuirasse.
Enfin, habitant l’espace de l’intimité et de l’inspiration comme autant de compagnons imaginaires de grands enfants, les “djinns” sont des apparitions allégoriques qui insistent sur plusieurs dimensions plus complexes et plus mystérieuses de la création de costumes. Les deux figures de Giscard, l'enfant chimérique, et celui de l’infant difforme, sorti du tableau de Goya, résistent à une interprétation à sens unique: sont-ils les esprits de la création de Saint-Laurent, les fantômes des absents de ce monde du luxe et de la couture, les travailleurs et les colonisés, ou encore les consommateurs de ces images globalisées, à la fois miroirs et reflets des spectateurs ? 

Elen Riot
Janvier 2014

Now available online: DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée


https://vimeo.com/92015367

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Contact Production-Diffusion: Guillaume Bordier - guillaumebordier@yahoo.fr
Réservations Ménagerie de Verre: 01 43 38 33 44

Le Prix Kadhafi (à Brest, DansFabrik, mars 2012)







Photos: Angèle Micaux
Lumières: Fabrice Ollivier
Maquillages: Pascale Kouba, Roch Bambou

Le Prix Kadhafi (2012)

Créé en trois épisodes en 2009, au temps de la bonne camaraderie et du bon négoce, Le Prix Kadhafi mettait en scène une rencontre potentielle entre le Président de la République Française et le Frère Guide de la Grande Jamahiriya Lybienne. Le français plaignait l'homme africain qui n'entrait pas dans l'Histoire, et le libyen voulait détruire la Suisse, mais on se fêtait volontiers les anniversaires.



Le vent de l'Histoire a depuis tourné: fini les thés avec Mireille Matthieu et Vladimir Poutine, fini l'Hôtel Marigny et l'Elysée, fini les contrats, les amazones et le lait de chamelle. Fuyant un peuple révolté au volant d'une 4X4 invisible aussi rayonnante qu'un four micro-ondes, le Dictateur Colonel fut rattrapé par un avion de l'Otan qui passait par là, puis il fut tué et exposé, un peu à la manière de Che Guevara, et on l'enterra secrètement dans le désert. Le Prix Kadhafi revient, comme un éblouissant flash-back, sur les relations franco-libyennes et la diplomatie françafricaine, le Discours de Dakar et le Livre Vert, oscillant entre le bal costumé du Safari Club de Kakaméga et une réunion du corps diplomatique français, entre champagne et manioc, géopolitique et show-business.

Au Quartz (Brest) le 2 mars 2012


Avec: Marlène Saldana, Jonathan Drillet, Robin Causse
Maquillages: Pascale Kouba et Roch Bambou

Diffusion: Guillaume Bordier (guillaumebordier@yahoo.fr)

Giselle et les crocodiles : la jeune création au Festival (tjcc) à Gennevilliers

Par Magali Lesauvage, fluctuat.net

 
Clôturant les trois jours de l'édition 2011 du festival (tjcc) (Très Jeunes Créateurs Contemporains), programmé par le journaliste Laurent Goumarre au Théâtre de Gennevilliers, la soirée du 28 mai offrait un certain aperçu de ce que peut être la rencontre avec de jeunes metteurs en scène ou chorégraphes : surprise, déception, ravissement, désintérêt, voire franche aversion pour les pièces proposées. Mais c'est là le jeu.

Après une longue digression, peu compréhensible et sans invention aucune, du collectif Und er Libet sur le ballet Giselle (The Lightness and Death of Giselle), ce fut au tour d'Yves-Noël Genod, grande silhouette scintillante à la Barbara, d'occuper le grand plateau de Gennevilliers pour donner au spectateur ce qu'il attend généralement de lui : une improvisation mêlant grâce et ironie, une nonchalance rieuse et poétique qui conquiert l'empathie du public dès que le metteur en scène et comédien pose le pied (toujours en légère suspension, comme un funambule) sur scène.

Interlude léger comme un confetti, qui menait idéalement à la pièce DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée, du duo de comédiens The United Patriotic Squadrons of Blessed Diana (Jonathan Drillet et Marlène Saldana). Après l'intervention d'un groupe de crocodiles dansant, au son de la voix de Dick Rivers, sur un court de tennis en terre battue, un couple improbable, paire de touristes courant le corps nu et peint de motifs égyptiens, se met à déblatérer des horreurs racistes, malmenant un enfant noir. Le discours enchaîne sur des citations nauséabondes d'hommes politiques français, se vautrant (comme Marlène Saldana à la toute fin du spectacle) dans une certaine obscénité. « Récit d'une histoire où la fascination réciproque côtoie la haine, et où le compromis et les compromissions, sur fond de pétrole et de dollars, constituent une tentation permanente », la dernière pièce présentée au (tjcc) fait jeu, set et match.


Dormir sommeil profond, l’aube d’une Odyssée


Par Céline Piettre, paris-art.com

Parfois le pire côtoie et le meilleur, comme pour la soirée de clôture du festival des TJCC, où The Lightness and Death of Giselle du collectif Und er Libet, variation naïve et interminable sur le ballet Giselle, révélait par contraste l'excellent Dormir sommeil profond de Jonathan Drillet et Marlène Saldana. Une pièce comme un remontant, qui pourrait nous rendre accros au théâtre !

The UPSBD ? On les avait découverts au Centre Pompidou pour Le Prix Kadhafi (Episodes 1 et 2), le corps peinturlurés de zébrures et l'insolence facile, éclaboussant de cynisme le public hilare sur fond de géopolitique et de crise du pétrole. On les a retrouvés en 2010 au Théâtre de Ville, à l'occasion du Concours Danse élargie, pour une brève séquence d'inspiration wagnérienne où des Walkyries dénudées domptaient une troupe de crocodiles. Les voila aujourd'hui réunis au Théâtre de Gennevilliers pour leur dernière création. Plus en forme que jamais, ils transforment l'immense gymnase en un court de tennis-cathédrale, terre battue au sol et encensoir balayant les airs en une solennité de pacotille.

Associant sport et religion dans un même sanctuaire, Jonathan Drillet et Marlène Saldana, alias The United Patriotic Squadrons of Blessed Diana, annoncent d'emblée leur inappétence à l'orthodoxie et aux communions collectives. Avec DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée, ils nous servent sur un plateau fumant une fiction politiquement incorrecte, délirante, rageuse, qui convoque aussi bien la musique de Dick Rivers que l'actualité brûlante des sans-papiers. Le tout accompagné d'un sens brillant de la mise en scène, exactement proportionnelle à l'échelle du lieu, et qui donne à la pièce le souffle de l'épopée et l'extravagance des cabarets surréalistes.

S'il y a amorce de récit — deux touristes visitent les pyramides en compagnie d'un enfant noir qu'ils éduquent à la dure loi des flux migratoires à coup de : « On ne peut pas accueillir tout le monde Giscard ! » —, elle se désagrège rapidement sous l'effet d'une dramaturgie à trou, continuellement sapée par le dessous. Jouant des lapsus et du double discours, si brillamment maîtrisé par le corps dirigeant, Jonathan Drillet et Marlène Saldana révèlent, à la façon d'un miroir déformant, les traits les plus grossiers de l'anatomie sociale et politique. Chez eux, le tourisme est un sport colonial, les crocodiles-prolétaires une masse servile ou menaçante, l'Assemblée nationale un sauna où l'on s'échauffe entre soi et la sacro-sainte terre battue une boue de suffisance dans laquelle on vautre (cf. Marlène Saldana à la fin de la pièce).

Ni utopistes ni dystopistes, cultivant à merveille un certain dilettantisme, les UPSBD transposent sur scène le genre littéraire et obsolète de l'odyssée, sa liberté stylistique, ses passages chantés, ses anachronismes, ses monstres. Ici la mythologie sert la politique. C'est elle qui porte le discours et le spectacle y gagne en légèreté, préservé du moralisme de l'artiste militant, sans perdre pourtant de son acidité. A l'heure où Rolland Garros attire tous les regards, Dormir sommeil profond nous ramène à la réalité à la manière d'une douche froide, cinglante mais jouissive et diablement revigorante.



« Dormir-Sommeil-Profond »  ridiculise la France coloniale

Par Amélie Blaustein Niddam, toutelaculture.com

Le temps d’une pause dinatoire et il est temps de se glisser dans la grande Halle du T2G  ou sont habituellement entreposés les décors du théâtre…Du Japon nous revenons en France, « The united Patriotic Squadrons of Blessed Diana», Upsbd pour les intimes,  présente leur nouvelle performance  » Dormir-Sommeil-Profond ». Dans cet espace immense, un cours de tennis en terre-battue,   actualité oblige , s’étend devant nous. Sans trop en dévoiler nous pouvons dire que les Crocodiles d’Afrique ou des Polos danseront comme dans un clip de Mikaël Jackson et que Marlène Saldana et Jonathan Drillet peints de la tête aux pieds en Nefertiti et Hathor  vous feront hurler de rire, bien sûr aucune ressemblance avec un couple présidentiel en voyage  en Égypte ne saurait être volontaire!

Sur le fond,  » Dormir-Sommeil-Profond »  vous  fera rire jaune car le propos est acerbe. Le texte et la mise en scène passent  au crible les relations entre la France et l’Afrique sous Giscard, Mitterrand, Chirac et dénoncent la politique d’immigration actuelle du gouvernement Sarkozy.  On retrouve les plus hauts crimes commis en collaboration avec la France : Le Biafra et bien sûr le Rwanda. Comment les hommes d’état sont placés à tel endroit, sans élection mais avec l’aval du peuple.

Politique, « Dormir-Sommeil-Profond », l’est clairement. L’originalité vient de la façon dont le discours est transmis. Les idées fusent à la minute, une jeune fille s’appelle « Giscard», une soirée champagne autour d’une voiture orchestre,  l’assemblée nationale devenant un sauna lubrique…Cette plongée dans la géopolitique se fait dans une frénésie jubilatoire. Les vrai discours sont ici déconstruits par l’humour mettant en relief leur effrayante réalité.

La scénographie est magistrale d’invention, l’utilisation de l’espace immense constitué par les Halles du T2G est impeccable, les comédiens circulant d’un bout à l’autre dans une parodie de comédie musicale cinglante. L’ensemble forme un rêve fou où François Mitterrand prend la voix de Nelson Montfort… A méditer!

En concert près de chez vous: DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée


photo: valérie archeno

Théâtre de Gennevilliers, mai 2011
Audrey Aubert, Gianfranco Poddighe, Christian Ubl, Eleonore Guipouy, Denis Robert, Guillaume Marie, Jonathan Drillet, Marlène Saldana, Angèle Micaux, Alexandre Maillard, Dick Rivers, Guillaume Olmeta, Fabrice Ollivier

Après LE PRIX KADHAFI (Park Avenue Armory 2009, Centre Pompidou 2009, Vanves 2010)

Après UN ALLIGATOR DEUX ALLIGATORS OHE OHE (Danse Elargie 2010)

Les Upsbd retrouvent les Africains, les Arabes, Dick Rivers, Nefertiti, Hathor, les crocodiles et les Francs Maçons, Hercolubus et Maître Rabolù, le Veau d'Or et la géopolitique internationale dans

DORMIR SOMMEIL PROFOND, l'Aube d'une Odyssée

CDN de Gennevilliers, Festival TJCC Mai 2011

Un alligator deux alligators ohé ohé (version intégrale 10 minutes)

http://www.vimeo.com/16995630
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Déjà, mourir c'est pas facile (radiophonique pour le Festival Belluard - Fribourg 2010)

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Réalisation: Upsbd, Sasha Ruffieux, Florian Pittet (Studio La Fonderie, Fribourg)

Déjeuner sur l'herbe (La partie carrée)



Combats de Reines: Finale Cantonale
Ménagerie de Verre (carte blanche à Thomas Ferrand)

Souvenirs de Suisse








Photos: Belluard Festival, Fribourg 2010

CE N'EST PAS UN REVE, MAMADOU!

Un stage sur la Françafrique, la France à Fric et l’Afrique en France, sur l’enfouissement de l’Avenue Charles De Gaulle, sur l’enfant de Joal bercé par les rhapsodies des griots, sur les vraies valeurs, et la force de la France, qui est dans l’esprit des Lumières.

Les 6 et 7 novembre, à l’instar d’Hegel, Victor Hugo, Henri Guaino, et Nicolas Sarkozy, nous nous interrogerons sur l’Afrique : l'Art moderne lui doit-elle tout, faut-il l’aider à entrer davantage dans l'Histoire, l'Africain est il un enfant, un paysan ou un poète? Nous organiserons une fête costumée, une soirée échangiste dans une ambassade congolaise, une soirée à thème à Neuilly sur Seine ou bien une soirée d’adieux au Safari Club de Kakaméga, lorsque le champagne coule à flot et qu'on danse sur Saga Africa en grignotant un peu de manioc. Nous discuterons avec Nadine Morano, Omar Bongo, Mouammar Kadhafi, Liliane Bettencourt, Jean Bedel Bokassa ou Jean François Copé. Nous en apprendrons davantage sur le moment où, enfin, l'enfant de Joal, à genoux dans le silence de la nuit africaine, pourra lever la tête. Après avoir évoqué diverses affaires franco-africaines, allant de la vente de porte-avions à la suggestion d'autosuffisance alimentaire pour la prochaine Eurafrique, nous trinquerons aux crocodiles, avant de nous réunir, pour discuter d'un ordre international équilibré. Nous réfléchirons au fait que la Suisse a traversé ce siècle dernier sans guerre, et nous danserons, que ce soit sur des rythmes africains, avec la Obama Dance de DjKadhafi, ou sur des symphonies du bonheur, avec les chorégraphies de Patrick Swayze et Lisa Niemi.

«Ce n’est certes pas la chronologie qui compte, mais le sens, qui si souvent n’est pas dans l’ordre» P.P. Pasolini

Grâce à l’étude de nombreux textes et documents (journaux, magazines, interviews, enregistrements télévisés et radiophoniques, rapports de débats de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de l’Elysée, biographies et autobiographies…), c’est donc une étourdissante plongée au coeur de l'Histoire, où palpitent pouvoir, violence, et amour, que nous vous proposons. Une épopée furieuse et démentielle mêlant philosophies politiques orientale et occidentale, oscillant entre réalisme et mysticisme, parlant aussi bien de l'Afrique que de la France, du Brésil que de la Libye, de la Suisse ou des Etats Unis.


Au Studio-Théâtre de Vitry, les samedi 6 et dimanche 7 novembre.

Plus d'informations sur www.studiotheatre.fr

Feuilleton



Les Upsbd ont joué leur Combat de Reines, Finale Cantonale, à la Ménagerie de Verre. Puis ils ont joué Déjà, mourir c'est pas facile à Fribourg, en Suisse.
Entre temps ils sont rentrés à Paris perdre le concours de la danse élargie.

Pourtant ils l'avaient élargie avec:
Un alligator deux alligators ohé ohé

Angèle Micaux (l'égyptienne), Jonathan Drillet (le veau d'or), Marlène Saldana (Hathor), Dick Rivers (Dick Rivers, le roi Lear, Bernard Tapie, Julio Iglésias), Gianfranco Poddighe (un alligator), Christian Ubl (deux alligators), Eleonore Guipouy (trois alligators), Audrey Aubert (quatre alligators), Denis Robert (cinq alligators), Guillaume Marie (six alligators), Jean Philippe Valour (le franc maçon), Guillaume Soulan (guitare), Dominique Pinto (violoncelle), Jérôme Derathé (vidéo), Edith Fambuena (son)

Spectacle visible prochainement!

Au coin du bourg

video

FRIBOURG FESTIVAL BELLUARD 2010



Déjà, mourir c'est pas facile

Jeudi 1ier Juillet 20h
Vendredi 2 Juillet 20h
Samedi 3 Juillet 20h

http://www.belluard.ch/node/402

Bientôt dans un théâtre près de chez vous

Le Prix Kadhafi
(drame érotique)


La politique et le pénis,
ou comment régler des conflits internationaux par le phallus.


"Une mise en scène sans complexe!"
Armelle Héliot

"Une réelle dramaturgie de la sexualité servie par des acteurs qui ne connaissent aucun tabou"
Rosita Boisseau

"La politique et le théâtre, c'est de la bite et de la chatte: les Upsbd l'ont bien compris et nous font partager leurs découvertes avec un enthousiasme contagieux"
Fabienne Pascaud

"Marlène Saldana campe un Kadhafi plus chaud que les sables du grand désert, un vrai Jeff Stryker de Tripoli, Jonathan Drillet propose un Sarkozy priapique digne des meilleures scènes de la série des Wesh Cousin, et l'apparition de Jean Paul Muel en Colonel Guglicht de l'arrière salle du Dépôt est tout simplement délicieuse"
René Solis


Le scénario de la pièce est très simple, presque conceptuel: le colonel lybien et le président français se rencontrent au sauna du G8.
Une contrainte physique est imposée : les acteurs sont tous plugés. Au-delà de la fantaisie, le plug est la matérialisation de la retenue diplomatique qui échoit à tout personnage public.
Le spectateur dispose d'une télécommande lui permettant de voter pour, au choix, la sodomie Kadhafi-Sarkozy ou la sodomie Sarkozy-Kadhafi, ce qui revient à orienter le spectacle vers un possible retournement de la politique internationale et des rapports Nord Sud.
La télécommande permet également de dé-pluger ou re-pluger les acteurs, ce qui induit donc directement une modification du jeu de l'acteur en question, offrant ainsi au spectateur le loisir d'avoir un impact sur la performance.


Enfin, un écran omniprésent livre sans tabou, tout au long de la pièce, le détail de cette initiation à la géométrie sexuelle dont vous devenez les spectateurs voyeuristes, et parfois actifs. La retransmission digitale en direct reflète l’ introspection des fantômes d’un imaginaire collectif auquel chacun est sensé s’identifier à grands renforts de râles et de grimaces extatiques.

Une pièce bien bandante à voir le plus vite possible.

Déjà, mourir c'est pas facile

Les 1ier, 2 et 3 juillet 2010
Fribourg (Suisse)
Belluard Bollwerk Festival




Le dionysiaque littéral: carte blanche d'Yves Noël Genod pour Standard Magazine

Les UPSBD – abréviation pour les United Patriotic Squadrons of Blessed Diana – sont ce que j’ai vu de plus amazing cette année ! Par exemple, à Beaubourg, cet automne (accueillis par Sophie Perez et Xavier Boussiron), mais aussi à New York au Park Avenue Armory, en septembre, un peu avant, dans une boîte improbable près des Champs-Elysées, etc. De partout, de nulle part, pouvant pousser comme des champignons sur n’importe quel support ou presque. Ça dépasse tout… Je vous le dis, moi, en général, personne ne me croit (quand je parle), mais je vous le dis quand même puisque j’ai « carte blanche » : ça dépasse tout ce que je connaissais jusque là – écoutez les mots – en folie, en précision, en imagination, en énergie, en éclaboussement, en inconséquence, en amusement (entertainment), en liberté – et ce mot, celui-ci, m’amène à finir soudainement cette liste qui était partie pour durer. Car, pour moi, la liberté – même si le concept est flou, je le reconnais – c’est ce dont je viens me rendre compte au théâtre, d’un côté ou de l’autre. J’indique toujours aux comédiens que j’emploie que le spectacle doit se présenter comme une leçon de liberté. Ça ne veut peut-être rien dire, mais les gens qui m’aiment comprennent. D’ailleurs cela m’amène aussi maintenant à vous dire que de l’époque sordide dans laquelle nous vivons, l’époque du « principe de précaution », le théâtre est bien sûr la première victime. Songez que vous n’avez pas le droit, entre autres, de faire un spectacle dans le noir (comme je l’ai fait il y a quelques années), que vous n’avez pas le droit, entre autres, d’offrir du champagne au public dans des verres en verre (ils doivent être en plastique ! – au Théâtre de Chaillot, l’année dernière, j’offrais donc le champagne dans le couloir, avant l’entrée dans la salle), que vous n’avez pas le droit d’allumer une bougie, pas deux, une bougie, si la salle n’est pas équipée d’un rideau de fer, ni un briquet d’ailleurs ni une cigarette d’ailleurs parce que, vous le savez, vous ne fumez plus de toute façon. Encore un exemple à propos de fumer : si vous utilisez de la fumée de théâtre, prévue pour, sachez que vous avez de grandes chances que la sirène anti-incendie interrompe votre spectacle, par exemple un soir de première, ça m’est, à ce jour, arrivé deux fois. Sachez que… Les interdictions augmentent chaque semaine. Pas d’enfants nus, pas d’adultes nus à côté d’enfants habillés, pas d’animaux si vous n’avez pas le maximum d’autorisations (c’est à dire le maximum d’emmerdements), pas de décor qui incluent les gradins (périmètre de sécurité d’un mètre cinquante), etc. Etc. Etc. Il faut que le spectacle puisse plaire aux épileptiques, aux culs-de-jatte, aux réacs en tout genre (car c’est la « démocratie »). Voilà que je tombe dans le travers de tous ceux qui jusque là ont servi cette rubrique : je me mets à parler de mes problèmes, à me plaindre au lieu de parler des UPSBD qui, eux, renouvellent, mais underground la perception du tout possible… Je crois que les services de sécurité pourtant toujours plus organisés ne les ont pas encore repérés.

Roland Barthes dit dans Brecht et le discours que pour attaquer un discours réac, il faut « le discontinuer : mettre en morceaux ». Les UPSBD, c’est ce qu’ils font, pile poil, à l’allemande, voyez, Roland Barthes les aurait vus en vrai qu’il aurait dit pareil ! En fait, pour eux, tout est déjà réac, y compris même la performance qu’ils sont en train de diriger devant vous. Alors ils attaquent : ils discontinuent. Par exemple, en disant : « Tu as dit que cette blague, tu ne la ferais pas… » Ah, c’est quand même merveilleux qu’il existe des penseurs (comme Roland Barthes) parce que, sinon, on ferait tous tout ça sans même nous en rendre compte comme Monsieur Jourdain lancé sans vergogne dans la prose !

Les UPSBD ne viennent pas de nulle part, bien sûr. En aînés, il y a bien sûr Marco Berrettini, c’est le maître, mais aussi bien, comme je disais, toute l’Allemagne, toute l’Angleterre (les Monty, par exemple), toute l’Amérique – pourquoi se priver – et Thierry Le Luron !

Roland Barthes dit aussi qu’il est plus intéressant de s'approcher amoureusement du discours réactionnaire, c’est à dire avec plaisir, plutôt que de « s'en distancier en raison d’une analyse froidement intellectuelle ». Mon Dieu comme c’est bien quand des gens pensent à votre place ! C’est exactement ce que, moi, j’aurais dit si j’avais voulu parler des UPSBD : ils sont amoureux de leur sujet, c’est leur secret, je crois, ils sont – que voulez-vous – pas dégoûtés ! Ils ont une certaine « passion du matériel ». Leur matériel, c’est le monde, et aimer le monde, c’est ce qui fait qu’ils sont grands. C’est ce qui fait leurs performances si animales, si sensuelles, si excessives aussi, hors normes, mais, je dirais, dans les étroites limites du plaisir, toujours, c’est à dire du bon goût ! Pas d’hypocrisie. Mais de la morale. Grisélidis Réal. Vous imaginez : à Beaubourg, pour pratiquer leur potlatch, ils n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de se déshabiller, bien sûr, mais de se faire peindre intégralement par des body painters, l’un en tigre, l’autre en zèbre (ils voulaient évoquer l’Afrique) dans un style un peu Douanier Rousseau. C’était somptueux. Oui, une femme nue, blanche, opulente et peinte en tigre avec idéalement un portrait de dictateur sur chaque sein ! Et un jeune zèbre improbable et zébulon, probablement homosexuel. Jusqu’à ce qu’ils se battent et que le tigre et le zèbre déteignent l’un sur l’autre. D’ailleurs toute la performance était de cet acabit : d’une finesse de dentelle de Burano et d’une grossièreté tout autant, tellement gros que ça en devient fin et vice-versa. C’est aussi que leurs spectacles-performances sont certes des fictions très élaborées, une énorme dramaturgie enchantée, mais qu’ils les vivent à plein, comme la réalité. Disons qu’ils profitent de jouer pour faire la fête. C’est « dionysiaque », si on veut… et si les jeunes d’aujourd’hui savent à peu près à quoi ce mot un peu périphérique peut bien se référer… J’en doute. Mais enfin les UPSBD ne sont pas tellement vieux non plus, je dois dire, mais leur maturité sidère. Ils n’existent pas, on dirait, sauf partout. L’époque actuelle, ils en rient puisqu’ils sont de toutes les époques et, grâce à ce don, vous allez voir, ils vont probablement tout casser dans les prochains mois ! Ils sont surréalistes. Roland Barthes disait aussi, une fois : « Que c’est beau, que c’est intelligent, que c’est démodé… » C’était, je crois, à propos de La Chevauchée sur le lac de Constance de Peter Handke qu’avait montée Claude Régy en 1974.

D’ailleurs il n’y a que deux types de spectacles que je ne louperai pour rien au monde et qui me donnent envie de traverser l’Atlantique aller-retour : les spectacles d’Antonija Livingston et les UPSBD. Ça n’a d’ailleurs rien à voir.

Citons parmi tous ceux qui travaillent avec eux, frêle et fastueuse équipe – et à part les body painters déjà évoqués : Bambou Roch et Pascale Kouba – citons my favorite actor of du moment : Robin Causse, l’extrêmement prometteur Robin Causse. (Prometteur, je dis, puisqu’il a vingt ans, mais il est parfait.) Je l’ai moi aussi engagé. Les deux responsables des UPSBD, est-ce qu’on cite leur nom ? Il s’agit de Marlène Saldana et de Jonathan Drillet. Et voici quelques-uns des épisodes auxquels je me réfère, réunis sous le titre générique : Le Prix Kadhafi. Episode 1: A Chinese Man In the Trenches of Verdun Winning the Kadhafi Prize (Park Avenue Armory, New York, 2009). Episode 2 : L'Art moderne doit presque tout à l'Afrique (Centre Pompidou, Nouveau Festival, 2009). Episode 3 : Boum la Suisse : au bout de la passion, l'équilibre (Théâtre de Vanves, Festival Ardanthé, 2010). Ensuite, et quand vous lirez ces lignes, chers amis de « Standart », nos UPSBD amis seront, eux, je crois, en résidence (surveillée) à Fribourg, en Suisse, en vue du Festival Belluard Bollwerk 2010 ou bien pour libérer Polanski.



Yves-Noël Genod (in Standard, Avril 2010)